Philippe Vangeel : La recharge électrique a aussi une chaîne de valeur

L’électrification des transports est souvent considérée sous l’angle de l’infrastructure et de la technologie. Plus de bornes de recharge, plus de puissance, des véhicules plus rapides. Mais sous cette évolution visible se cache une couche moins connue et pourtant particulièrement pertinente : la chaîne de valeur économique de l’énergie dans les transports.
En effet, dans le cadre belge des unités d’énergie renouvelable, souvent appelées « e-crédits », la recharge électrique prend une dimension supplémentaire. Les e-crédits sont des certificats officiels représentant l’origine renouvelable de l’énergie dans les transports. Ils sont générés lorsque de l’énergie renouvelable est fournie aux véhicules et peuvent être achetés par les fournisseurs de carburant qui sont légalement tenus d’écologiser leur bouquet énergétique.
Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Outre la vente d’électricité, l’énergie fournie peut donc créer une valeur marchande supplémentaire. Pour les utilisateurs ayant des volumes de charge importants, cet effet peut devenir perceptible. Dans certains cas, il peut représenter un avantage supplémentaire allant jusqu’à plusieurs centimes d’euro par kWh chargé – une différence qui devient rapidement pertinente dans le contexte des transports.
Pourtant, le système reste relativement peu connu. Non pas par manque de potentiel, mais parce que sa logique diffère des modèles énergétiques classiques. Il exige que la tarification soit considérée non seulement comme une consommation ou un service, mais aussi comme un élément d’un marché de l’énergie plus large dans lequel les attributs renouvelables circulent.
C’est là que les organisations sectorielles et les décideurs politiques ont un rôle important à jouer. La transition de la mobilité n’est pas seulement une question de technologie, mais aussi de mécanismes de marché et de transparence. EV Belgium travaille donc avec les gouvernements et le secteur de la recharge pour interpréter correctement ces systèmes et rendre clair leur impact sur l’électrification.
L’électrification est donc plus qu’une question d’infrastructure. C’est aussi l’architecture du marché – et c’est précisément là que des changements discrets mais décisifs se produisent aujourd’hui.
Les certificats électroniques exigent que la recharge ne soit pas seulement considérée comme une consommation, mais comme un élément d’un marché de l’énergie plus large.
Philippe Vangeel est directeur d’EV Belgium, le bras armé du secteur belge des véhicules électriques.
Cet article a déjà été publié dans Mobility Energy 1-2026. Vous souhaitez consulter l’intégralité du numéro ? Cliquez ici.
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