Lukoil commence à ressentir les sanctions
Neuf jours avant leur entrée en vigueur, les sanctions américaines contre Lukoil commencent déjà à faire sentir leurs effets. Les divisions européennes de la compagnie pétrolière russe commencent progressivement à être confrontées à des pénuries d’essence, alors que leur avenir reste incertain.
Toute personne faisant des affaires avec des vendeurs de pétrole russe tels que Lukoil et Rosneft après le 21 novembre s’expose à des sanctions américaines. Le premier, en particulier, qui opère dans plusieurs pays européens, risque donc d’être mis sous pression. Lukoil a l’intention de vendre ses intérêts non russes, mais n’y est pas parvenu pour l’instant. Une offre de rachat de la société suisse Gunvor a déjà été abandonnée sous la pression des États-Unis, en raison des racines russes de ce négociant en pétrole.
Le temps nécessaire pour trouver une solution est donc plus court, ce qui se ressent également dans les stations-service de Lukoil. La Finlande y a déjà manqué de carburant et la Bulgarie craint même pour l’ensemble de son stock d’essence. En effet, la plus grande raffinerie et les principaux réservoirs de stockage de ce pays, ainsi qu’une partie de ses oléoducs, appartiennent à la compagnie pétrolière russe.
Suprématie
En Irak, Lukoil ne parvient plus à exploiter à un rythme normal le vaste champ pétrolifère de West Qurna. Normalement, elle doit y pomper 480 000 barils de pétrole par jour, mais elle ne parvient pas à atteindre cette limite. Pour cette raison, l’Irak bloque tous les paiements à Lukoil, ce qui nuit considérablement à ses finances. L’Irak invoque officiellement la force majeure pour expliquer cet échec.
L’échéance du 21 novembre étant imminente, Lukoil doit se dépêcher de vendre toutes ses activités internationales. S’il ne le fait pas, il verra disparaître au moins 14 milliards d’euros de valeur comptable. Les rumeurs selon lesquelles le Kremlin organiserait un plan de sauvetage et forcerait la compagnie pétrolière nationale Rosneft à racheter Lukoil se multiplient.
Les négociations de vente se poursuivent
En Belgique, le bureau local a fait état cette semaine de « discussions avancées sur un nouvel accord de vente » pour ses 180 stations-service. « Les carburants vendus dans nos stations sont achetés sur le marché international. Elles sont exploitées par des entrepreneurs locaux indépendants, qui garantissent un service fiable au quotidien », a déclaré Els Ruysen, porte-parole, à De Standaard.
Rien ne bouge non plus aux Pays-Bas, où l’entreprise possède quelque 70 stations-service. « Suite au retrait de la proposition de Gunvor, des discussions avancées auront lieu avec d’autres parties, dans le but de parvenir à un nouvel accord de vente dès que possible », a déclaré nos.nl en citant la réponse officielle de Lukoil Netherlands. Entre-temps, les stations-service continueront à fonctionner « normalement et de manière stable ». On ne sait rien non plus du sort de la raffinerie Zeeland dans le port de Vlissingen, dont Lukoil détient 45 % des parts.
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