Brafco : « Les prix maximums des produits pétroliers ne sont pas viables ».

« Les prix maximums belges sur les produits pétroliers sont insoutenables dans les circonstances actuelles ». Telle est la position défendue par l’association des négociants en carburants Brafco, alors que les effets du dernier conflit au Moyen-Orient se font sentir.
Le bombardement de l’Iran par les États-Unis et Israël a entraîné une hausse des prix sur les marchés pétroliers. « Sur les marchés internationaux, les prix des distillats moyens (diesel et gasoil) ont augmenté de plus d’un tiers depuis le début de la semaine », déclare Johan Mattart, directeur-général de Brafco. Toutefois, ces hausses ne se reflètent pas encore dans les prix maximums communiqués par le gouvernement belge mercredi matin. En effet, ceux-ci sont calculés sur la base d’une moyenne mobile sur sept jours des prix internationaux des produits. C’est un problème, estime Brafco.
« De nombreux négociants en carburants qui approvisionnent les consommateurs finaux nous ont informés qu’ils ne peuvent actuellement acheter leurs produits qu’à des prix plus upérieurs aux prix maximums officiels pour les produits concernés », a déclaré M. Mattart. « Le même scénario se présente chez exploitants de stations-service. Cette situation place le négociant en combustibles et l’exploitant de station-service face à un dilemme : soit respecter les prix maximums et vendre à perte, soit refuser les commandes et fermer les stations-service.
La première option n’est pas autorisée légalement en Belgique. L’alternative n’est en pratique pas une option, car personne ne souhaite laisser ses clients dans l’embarras.
Facteur K
Brafco a fait remarquer aux signataires du Contrat programme, qui gère le système des prix maximaux, que la probabilité est aussi très réelle que jeudi le fameux facteur K dans l’Annexe technique du Contrat programme dépasse 1,20, ce qui entraînerait une baisse artificielle des prix CIF, sur la base desquels sont calculés les prix maximaux officiels. « En raison de ces prix CIF ajustés », a expliqué M. Mattart, « es nouveaux prix maximums pour le consommateur seront inférieurs à ceux qui auraient été calculés selon la formule habituelle. En d’autres termes, une partie de l’augmentation des prix ne sera donc pas répercutée sur le prix au consommateur, mais sera supportée par le secteur, ce qui, en pratique, touche généralement et exclusivement le dernier maillon de la chaîne de distribution: les stations-service. »
La dernière fois que le facteur K a dépassé 1,20, c’était en mars 2022, peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. « À ce moment-là, plusieurs exploitants de stations-service ont fermé leurs portes afin de limiter leurs pertes, car beaucoup d’entre eux perdaient plusieurs centimes d’euro par litre de carburant vendu », a déclaré M. Mattart, ajoutant : « Une situation absolument intenable. »
Brafco a donc demandé, pas pour la première fois, que le facteur K soit supprimé et que le système des prix maximums soit remplacé par un système de prix cibles ou recommandés. « Cela permettra les négociants en combustibles et les exploitants de stations-service puissent continuer à approvisionner les consommateurs sans en subir les conséquences financières », a conclu le directeur-général de Brafco.
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